Vivre sa vie, en imposer l’image, exhiber ce souffle, ce regard posé, ces enjambées…égrainer les jours, en écumer, en gaspiller. La vie, voyez-vous, lorsqu’autour de nous disparaissent des amis, c’est un peu le paradis offert aux goujats. Qu’on dépasse ou qu’on s’approche de l’âge d’amis disparus est comme un voyage offert au temps qui passe, comme un sens donné à cet héritage.
Avril, la pluie, le froid, un magnolia déjà rose mais toujours dans le gris, des souvenirs d’amis… Je veux me souvenir de ceux qui sont partis, leur promettre en vivant qu’on peut, même triste, être fort et debout. Je cherche encore à qui profite le crime d’ôter la vie, de suspendre le vol d’amis, au nom de quel ordre, de quel dieu, être écarté du jeu… La vie est ainsi, aimons-la, gardons-la et restons ensemble.
Pierre d’o